Mathématiciens célèbres
Qui sont les mathématiciens les plus célèbres de l’histoire ? Voici une liste chronologique de 55 personnes avec leurs dates et ce qu’elles ont apporté, puis les mathématiciennes, les mathématiciens français et le groupe Bourbaki.
Les mathématiciens célèbres sont des personnes dont les idées ont changé la façon de compter, de mesurer ou de démontrer : Euclide pour la géométrie, al-Khwarizmi pour l’algèbre, Descartes pour les coordonnées, Newton et Leibniz pour le calcul infinitésimal, Euler, Gauss, Galois, Cantor, Poincaré, Gödel et beaucoup d’autres. Cette page les range par ordre chronologique, avec leurs dates, leur origine et ce qui les a rendus importants.
Chaque ligne du tableau a un identifiant, si bien que tu peux faire un lien direct vers un mathématicien précis. Ensuite viennent les mathématiciennes, les mathématiciens français et le groupe Bourbaki. Pour le contexte, voir l’histoire des mathématiques et la question qui a inventé les mathématiques.
Liste des mathématiciens célèbres, de l’Antiquité à nos jours
Les dates sont celles de la naissance et de la mort. Pour l’Antiquité, elles sont souvent approximatives, ce que « vers » indique. Cette liste est un choix : elle ne classe personne, et il n’existe pas de « plus grand mathématicien » reconnu par tous.
Antiquité
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Thalès de Milet | vers 624–546 av. J.-C. | Grèce (Ionie) | Premier mathématicien grec connu. On lui attribue le théorème qui porte son nom et l’idée de justifier des énoncés de géométrie. |
| Pythagore de Samos | vers 570–495 av. J.-C. | Grèce | Fondateur d’une école à Crotone. Son nom reste attaché au théorème de Pythagore, connu bien avant lui. |
| Hippase de Métaponte | vers 500 av. J.-C. | Grèce | Découvre des segments incommensurables, premier pas vers les nombres irrationnels. |
| Zénon d’Élée | vers 490–430 av. J.-C. | Grèce | Auteur de paradoxes sur le mouvement et l’infini, dont celui d’Achille et de la tortue. |
| Euclide | vers 300 av. J.-C. | Grèce (Alexandrie) | Auteur des Éléments : la géométrie et l’arithmétique présentées à partir d’axiomes et de démonstrations. |
| Archimède de Syracuse | vers 287–212 av. J.-C. | Grèce (Sicile) | Calcule des aires et des volumes de figures courbes, encadre π, énonce la loi du levier et la poussée qui porte son nom. |
| Ératosthène de Cyrène | vers 276–194 av. J.-C. | Grèce | Invente le crible pour trouver les nombres premiers et mesure la circonférence de la Terre. |
| Apollonios de Perga | vers 262–190 av. J.-C. | Grèce | Auteur des Coniques ; c’est lui qui nomme l’ellipse, la parabole et l’hyperbole. |
| Diophante d’Alexandrie | vers 200–284 | Grèce (Alexandrie) | Ses Arithmétiques cherchent des solutions rationnelles d’équations et utilisent les premières abréviations algébriques. |
| Hypatie | vers 355–415 | Grèce (Alexandrie) | Mathématicienne et philosophe, elle enseigne à Alexandrie et commente Diophante, Apollonios et Ptolémée. |
Moyen Âge : Inde, monde arabo-persan, Europe
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Aryabhata | 476–550 | Inde | Astronome et mathématicien indien, il écrit sur les calculs de trigonométrie et d’astronomie. |
| Brahmagupta | 598–après 665 | Inde | En 628, il énonce les règles de calcul avec le zéro et les nombres négatifs. |
| Muhammad al-Khwarizmi | vers 780–850 | Perse (Bagdad) | Son livre sur l’algèbre donne son nom à la discipline, et son nom lui-même au mot « algorithme ». Il diffuse les chiffres indiens. |
| Omar Khayyam | 1048–1131 | Perse | Résout des équations du troisième degré avec des coniques et réforme le calendrier. |
| Leonardo Fibonacci (Léonard de Pise) | vers 1170–après 1240 | Italie (Pise) | Fait connaître en Europe les chiffres indo-arabes avec le Liber abaci (1202). La suite de Fibonacci porte son nom. |
| Nicole Oresme | vers 1320–1382 | France | Représente graphiquement des grandeurs variables et démontre que la série harmonique diverge. |
| Madhava de Sangamagrama | vers 1340–1425 | Inde (Kerala) | Trouve des séries infinies pour π, le sinus, le cosinus et l’arc tangente, bien avant l’Europe. |
Renaissance et XVIIe siècle
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Gerolamo Cardano (Cardan) | 1501–1576 | Italie | Publie en 1545 dans l’Ars Magna les formules de résolution des équations de degré 3 et 4. |
| François Viète | 1540–1603 | France | Introduit le calcul littéral, avec des lettres pour les nombres connus et inconnus. |
| John Napier | 1550–1617 | Écosse | Invente les logarithmes en 1614. |
| Johannes Kepler | 1571–1630 | Allemagne | Établit que les planètes parcourent des ellipses (lois de Kepler) et énonce une conjecture sur l’empilement des sphères. |
| René Descartes | 1596–1650 | France | Crée la géométrie analytique et le repère cartésien, fixe l’écriture moderne des exposants et des inconnues. |
| Pierre de Fermat | 1607–1665 | France | Fondateur de la théorie des nombres moderne (petit et grand théorèmes) et, avec Pascal, du calcul des probabilités. |
| Blaise Pascal | 1623–1662 | France | Co-fondateur du calcul des probabilités, auteur du triangle arithmétique et d’une machine à calculer, la Pascaline. |
| Isaac Newton | 1643–1727 | Angleterre | Développe le calcul infinitésimal, la série binomiale et la méthode de Newton ; Principia en 1687. |
| Gottfried Wilhelm Leibniz | 1646–1716 | Allemagne | Développe le calcul infinitésimal avec les notations dx et ∫, décrit le système binaire. |
XVIIIe siècle
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Leonhard Euler | 1707–1783 | Suisse | Contribue à presque tous les domaines (analyse, théorie des nombres, graphes, mécanique) et fixe les notations e, i, f(x) et Σ. |
| Joseph-Louis Lagrange | 1736–1813 | Italie, puis France | Calcul des variations, mécanique analytique, théorème de Lagrange en théorie des groupes, théorème des quatre carrés. |
| Pierre-Simon de Laplace | 1749–1827 | France | Mécanique céleste et théorie analytique des probabilités ; transformée et opérateur de Laplace. |
| Joseph Fourier | 1768–1830 | France | Introduit les séries de Fourier pour étudier la propagation de la chaleur. |
XIXe siècle
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Carl Friedrich Gauss | 1777–1855 | Allemagne | Construit le polygone régulier à 17 côtés, écrit les Disquisitiones arithmeticae, démontre le théorème fondamental de l’algèbre, introduit les moindres carrés et la loi normale. |
| Sophie Germain | 1776–1831 | France | Travaille sans accès aux études supérieures, obtient des résultats sur le grand théorème de Fermat (nombres premiers de Sophie Germain) et sur l’élasticité. |
| Augustin-Louis Cauchy | 1789–1857 | France | Donne des bases rigoureuses à l’analyse (limite, continuité) et fonde la théorie des fonctions d’une variable complexe. |
| Niels Henrik Abel | 1802–1829 | Norvège | Démontre que l’équation générale du cinquième degré n’est pas résoluble par radicaux, étudie les fonctions elliptiques. |
| Évariste Galois | 1811–1832 | France | Meurt à 20 ans après avoir posé la théorie de Galois : un critère de résolution des équations par radicaux, à l’origine de la notion de groupe. |
| Ada Lovelace | 1815–1852 | Angleterre | Ses notes sur la machine analytique de Babbage contiennent le premier algorithme publié destiné à une machine. |
| George Boole | 1815–1864 | Angleterre | Fonde l’algèbre de Boole (ET, OU, NON), base de la logique mathématique et de l’électronique numérique. |
| Bernhard Riemann | 1826–1866 | Allemagne | Crée la géométrie riemannienne et les surfaces de Riemann ; formule la célèbre hypothèse de Riemann. |
| Georg Cantor | 1845–1918 | Allemagne | Fonde la théorie des ensembles et montre qu’il existe des infinis de tailles différentes (argument diagonal). |
| Sofia Kovalevskaïa | 1850–1891 | Russie | Théorème de Cauchy-Kovalevskaïa, toupie de Kovalevskaïa ; première femme professeure de mathématiques en Europe du Nord. |
| Henri Poincaré | 1854–1912 | France | Étudie le problème des trois corps (origine de la théorie du chaos), fonde la topologie algébrique, énonce la conjecture qui porte son nom. |
| David Hilbert | 1862–1943 | Allemagne | Présente 23 problèmes en 1900, axiomatise la géométrie, donne son nom à l’espace de Hilbert. |
XXe et XXIe siècles
| Nom | Dates | Origine | Pourquoi il ou elle compte |
|---|---|---|---|
| Emmy Noether | 1882–1935 | Allemagne | Son théorème relie symétries et lois de conservation ; cofondatrice de l’algèbre abstraite moderne. |
| Srinivasa Ramanujan | 1887–1920 | Inde | Autodidacte, il laisse près de 3 900 formules et identités sur les partitions, les séries et les fractions continues. |
| Kurt Gödel | 1906–1978 | Autriche | Ses théorèmes d’incomplétude (1931) montrent les limites des systèmes formels. |
| André Weil | 1906–1998 | France | Conjectures de Weil, pont entre la géométrie algébrique et la théorie des nombres ; cofondateur de Bourbaki. |
| Alan Turing | 1912–1954 | Angleterre | Définit la machine de Turing et la notion d’indécidabilité ; participe au déchiffrement d’Enigma à Bletchley Park. |
| Paul Erdős | 1913–1996 | Hongrie | Environ 1 500 articles de combinatoire, de théorie des graphes et des nombres ; méthode probabiliste. |
| Julia Robinson | 1919–1985 | États-Unis | Résultats décisifs vers la solution du dixième problème de Hilbert. |
| Benoît Mandelbrot | 1924–2010 | France, États-Unis | Père de la géométrie fractale ; l’ensemble de Mandelbrot porte son nom. |
| Alexandre Grothendieck | 1928–2014 | Apatride, France | Refonde la géométrie algébrique (schémas, topos) ; médaille Fields en 1966. |
| John Nash | 1928–2015 | États-Unis | Équilibre de Nash en théorie des jeux, théorème de plongement, équations aux dérivées partielles. |
| Andrew Wiles | né en 1953 | Angleterre | Démontre le grand théorème de Fermat (1994, 1995) ; prix Abel en 2016. |
| Grigori Perelman | né en 1966 | Russie | Démontre la conjecture de Poincaré (2002, 2003) ; refuse la médaille Fields et le prix du Millénaire. |
| Maryam Mirzakhani | 1977–2017 | Iran | Travaille sur la géométrie et la dynamique des surfaces de Riemann ; première femme médaillée Fields en 2014. |
Mathématiciennes célèbres
Pendant des siècles, les femmes n’ont pas eu accès aux écoles ni aux académies, et certaines ont publié sous un nom d’homme. Voici celles de la liste, avec ce qui les distingue.
- Hypatie (vers 355–415) : la première mathématicienne dont on connaisse le nom avec certitude, à Alexandrie.
- Sophie Germain (1776–1831) : elle écrit à Gauss sous le nom de « Monsieur Le Blanc », et obtient des résultats sur le grand théorème de Fermat.
- Ada Lovelace (1815–1852) : ses notes sur la machine de Babbage contiennent le premier algorithme publié pour une machine.
- Sofia Kovalevskaïa (1850–1891) : première femme professeure de mathématiques en Europe du Nord.
- Emmy Noether (1882–1935) : l’une des fondatrices de l’algèbre abstraite, dont le théorème relie symétries et lois de conservation.
- Julia Robinson (1919–1985) : une contribution décisive au dixième problème de Hilbert.
- Maryam Mirzakhani (1977–2017) : en 2014, la première femme à recevoir la médaille Fields.
Des portraits détaillés de chacune existent en allemand : Frauen in der Mathematik.
Mathématiciens français célèbres
La France a donné de nombreux mathématiciens, surtout à partir du XVIIe siècle. Voici ceux de la liste, regroupés par siècle.
- XIVe et XVIe siècles : Nicole Oresme et François Viète, le père du calcul littéral.
- XVIIe siècle : René Descartes (coordonnées), Pierre de Fermat (nombres, probabilités) et Blaise Pascal (probabilités, triangle arithmétique). Marin Mersenne (1588–1648) et Girard Desargues (1591–1661) complètent le tableau.
- XVIIIe et début du XIXe siècle : Joseph-Louis Lagrange, Pierre-Simon de Laplace, Joseph Fourier, Sophie Germain et Augustin-Louis Cauchy, avec Gaspard Monge (1746–1818) et Adrien-Marie Legendre (1752–1833).
- XIXe siècle : Évariste Galois et Henri Poincaré.
- XXe siècle : André Weil, Benoît Mandelbrot et Alexandre Grothendieck, avec Pierre Fatou (1878–1929) et Gaston Julia (1893–1978).
Des pages plus détaillées, en allemand, existent pour presque chacun d’eux, par exemple Descartes, Fermat, Pascal, Galois et Poincaré.
Nicolas Bourbaki : un mathématicien qui n’existe pas
Nicolas Bourbaki est le pseudonyme collectif d’un groupe de mathématiciens, pour la plupart français. Le groupe se forme en 1934–1935, autour d’André Weil, avec notamment Henri Cartan, Claude Chevalley, Jean Delsarte, Jean Dieudonné et René de Possel. Son but : écrire un traité qui présente toutes les mathématiques de façon rigoureuse et unifiée, à partir de la théorie des ensembles et des structures. Ce traité s’appelle Éléments de mathématique, et sa première publication, un fascicule de résultats sur la théorie des ensembles, date de 1939.
Bourbaki publie sous un seul nom, organise un séminaire (le séminaire Bourbaki) et garde les noms de ses membres actuels secrets. Son influence sur la recherche est reconnue, mais elle est aussi discutée : on lui reproche une présentation très abstraite et peu tournée vers les applications. Elle est souvent associée à la réforme des « mathématiques modernes » de l’enseignement français dans les années 1960 et 1970. Des volumes nouveaux ont continué à paraître au XXIe siècle. Voir aussi André Weil dans la liste, et l’article du CNRS en sources.
Questions fréquentes
Quels sont les mathématiciens les plus célèbres ?
On cite le plus souvent Euclide, Archimède, al-Khwarizmi, Descartes, Fermat, Pascal, Newton, Leibniz, Euler, Gauss, Galois, Riemann, Cantor, Poincaré, Hilbert, Gödel et Turing. Voir la liste chronologique.
Qui est le plus grand mathématicien de tous les temps ?
Aucun classement ne fait l’unanimité. Archimède, Newton, Euler et Gauss reviennent souvent dans les discussions, mais comparer des siècles et des domaines différents revient à exprimer un avis, pas un fait.
Quels sont les mathématiciens français célèbres ?
Viète, Descartes, Fermat, Pascal, Lagrange, Laplace, Fourier, Cauchy, Galois, Poincaré, Weil, Mandelbrot et Grothendieck, entre autres. Voir les mathématiciens français.
Quelles sont les mathématiciennes célèbres ?
Hypatie, Sophie Germain, Ada Lovelace, Sofia Kovalevskaïa, Emmy Noether, Julia Robinson et Maryam Mirzakhani, première femme médaillée Fields. Voir mathématiciennes célèbres.
Qui est Nicolas Bourbaki ?
Un pseudonyme collectif choisi par un groupe de mathématiciens français qui a entrepris, à partir de 1934–1935, un traité unifié, les Éléments de mathématique. Voir Bourbaki.
Quel est le premier mathématicien connu ?
Le scribe égyptien Ahmès (vers 1550 av. J.-C.) est le plus ancien nom lié à un texte de mathématiques, Thalès de Milet le premier mathématicien grec connu. Voir le premier mathématicien du monde.
Sources et pour aller plus loin
- MacTutor History of Mathematics : biographies (en anglais)
- MacTutor History of Mathematics : Bourbaki, the pre-war years (en anglais)
- CNRS Images des mathématiques : N. Bourbaki ? Une modernité mathématique (Bertrand Rémy)
- Wikipédia : Nicolas Bourbaki
- Britannica : biographies de mathématiciens (en anglais)
- Jean Dieudonné (dir.) : Abrégé d’histoire des mathématiques 1700–1900, Hermann, Paris 1978.
Tu as repéré une erreur ou tu as une suggestion ? Écris-nous un court message, nous nous en occupons.